Il est une mode qui prévaut désormais qu'en préfecture, beaucoup de candidats se déclarent « sans étiquette ». Un masque de prudence pour atténuer les clivages qu'une étiquette politique est susceptible de générer. Et une nouvelle génération de miroir aux alouettes dont l'efficacité reste à démonter. Ainsi pour ces municipales Montéchoises, le libellé préfectoral ne fait pas oublier que deux listes de droite s'affrontent dans ce qu'il est convenu de nommer un match dans le match. Un duel Rabassa-Quèbre qui trouve son origine dans la volonté de ce dernier d'orchestrer l'implosion d'un conseil municipal qui ne pouvait plus fonctionner. Au premier tour, le maire sortant Valérie Rabassa a récolté 847 voix, soit 35,87 % du scrutin, ce qui la place en deuxième position. Et son opposant de droite, Benoît Quèbre, pointe en troisième place, avec 656 voix (27,78 %). De combien sera l'écart dimanche soir ?
Benoît Quèbre
38 ans, attaché territorial
Benoit Quèbre, en lisant la profession de foi déposée par Valérie Rabassa hier en préfecture, aura bien sûr noté que sa rivale UMP n'a pas un seul mot pour lui et ses équipier(e) s. Ce n'est pas un hasard. Chez les « révolutionnaires » du conseil municipal sortant, ce quadra tout sourire et au verbe acéré, a ouvertement créé les conditions pour que le préfet soit dans l'obligation, au regard des démissions et de la loi, d'organiser de nouvelles élections. « Aussi sommes-nous dans l'obligation d'expliquer encore et encore le sens de notre démarche pour qu'elle soit comprise par ces électeurs qui ont voté Rabassa au premier tour sans avoir conscience que l'enjeu est le changement » explique-t-on dans l'entourage de Benoît Quèbre. En ce sens, leur profession, par-delà les clichés qui sentent la naphtaline à l'égard de la liste de Jacques Moignard, est fort révélatrice de leur combat à l'égard de Valérie Rabassa. Il lui reproche, entre autres, « une vie démocratique inexistante et irrespectueuse depuis 3 ans »…«un positionnement politique UMP inféodé à Montauban, non républicain et stérile »… et « un avenir intercommunal dans la communauté de Montauban avec une hausse des impôts ». Autant de motifs de changement…
Valérie Rabassa
41 ans, économiste
Valérie Rabassa, aux antipodes de son rival de droite, s'inscrit dans un courant « conservateur ». Une dimension illustrée par la présence sur sa liste de 14 personnes dont le nom figurait déjà sur les tablettes des municipales de 2008 et par son souci de revenir aux affaires dès dimanche soir. Fragilisée par la situation de blocage avec son opposition, et par des démissions de conseillers de son propre camp (dont deux sont aujourd'hui engagés avec Benoit Quèbre : Monique Cazaldo, René Morelle), et contrariée par une succession de revers politiques (législatives 2007, régionales 2 010), Valérie Rabassa ne peut pas opposer à Benoît Quèbre l'argument qui, en 2008, lui avait valu les faveurs du scrutin contre Robert Lagrèze : la jeunesse. Avant le premier tour, elle plantait un épouvantail à électeurs quand elle évoquait Benoît Quèbre : « Sa déclaration de candidature surréaliste s'apparente à celle d'un pompier pyromane ! » Aussi en vue de la seconde manche, elle tente d' imprimer dans l'esprit des électeurs qu'il n'y a qu'une liste de droite en finale, la sienne, ignorant totalement celle de Quèbre et ses 656 bulletins, préférant marteler sur le thème qu'il faut à Montech… une maire. Pour conserver la précédente…
Jacques Moignard PS, PC, MRC, PRG : 1122 voix, 44%.
Valérie Rabassa UMP : 999 voix, 40%.
Benoît Quebre : 401 voix, 16 %.
Blanc/nuls : 56.
Participation : 2 578 suffrages exprimés [abstention : 29,54%]
Nombre d’inscrits : 3 738
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