La vitesse insuffisante des décisions peut aussi poser souci, comme ce fut le cas avec Hollande (c'est du moins ce qu'on en retient).
L'été après l'élection est de toute façon un exercice redoutable:
- il faut commencer à doser le rythme des réformes (même si le discours pré-électoral est sur la tendance "on va tout faire en 100 jours"),
- bien communiquer (là , les observateurs tendant à trouver que Macron en fait trop et mal: trop d'interventions, trop de couacs, trop hyper-président
https://www.challenges.fr/la-republique ... nce_492083 ),
- par ailleurs les Français ont en tête les discours pré-électoraux (en matière de communication, on se serait plutôt attendu à une "pensée complexe" exprimée parcimonieusement pour de grandes occasions) et les attentes que ceux-ci ont générés, parfois de façon sélective
- les Français ne sont pas prêts à laisser passer les conséquences négatives (même s'il n'y a pas que cela) d'un choix qui, dès le départ, s'est fait par défaut voire sans eux. Les gouvernants successifs ont beau vanter la "positive attitude" (expression reprise par Raffarin) qui les arrangerait, l'exigence incommensurable et la méfiance sont là dès le départ et ne demandent qu'à ressortir...
(Quand je parle d'exigence incommensurable, c'est qu'on voudrait probablement un budget en équilibre, une croissance soutenue, des revenus décents pour tous, des services publics de qualité, le tout sans saccager la nature au lieu d'avoir des extinctions d'espèces en nombre... et à un moment, cela n'est pas simultanément et durablement possible)
Bref, on retrouve plutôt une continuité qu'une rupture avec ce qu'on a vu "depuis 30 ou 40 ans" c'est-à -dire depuis Giscard ou Mitterrand et il peut y avoir sur le fond une déception face qu manque de différence du "centre" avec la "gauche" ou la "droite" précédents.
Même budgétairement, je le redis, on retrouve le coup classique du stress de début de mandat face à l'état "pire que prévu" des comptes publics (lui-même lié à des cadeaux ou rattrapages de fin de mandat, comme entre autres le timide redémarrage de l'indexation des paies des fonctionnaires sur l'inflation après 7 ans de gel de l'indice...). Le cas particulier ici est qu'il n'y a pas de modification de la loi budgétaire et que les mesures de gels de crédits sont des décrets pris en application de la loi budgétaire votée fin 2016 sous la précédente mandature. Ce qui, lorsque le fait est évoqué, laisse à l'opinion décidément peu "bienveillante" (mot très à la mode) l'impression que les ministres prennent des décisions mais ne les assument pas.
Quant au "courage politique" qui consiste à prendre le peuple à rebrousse-poil, il sape par le fait même ce qui fait l'essentiel de la démocratie: inutile d'y être si c'est pour voir prises des décisions contraires aux intérêts du peuple, alors autant rétablir la monarchie absolue, ce serait plus clair au moins...
Mais ça continue:
Nouveau sondage: deux tiers des Français désapprouvent l'action de Macron (titre de Challenges, journal pas franchement connu comme anti-macronien)
https://www.challenges.fr/politique/apr ... ron_492768Sondage Ifop / Le Figaro réalisé en ligne du 7 au 9 août
http://www.lefigaro.fr/politique/2017/0 ... ancais.phpL'action globale suscite 64% de mécontents mais aucune mesure prise isolément ne recueille un tel score, la plus approuvée, cela vous fera probablement plaisir, étant le rognage des crédits des ministères (sans détailler lesquels dans la question, si je comprends bien) avec 57% et le second (seulement!) le vote de la loi de moralisation avec 55% de favorables. La mesure la moins populaire étant la baisse des allocations logement qui rallie presque tous les mécontents avec 60% d'avis défavorables.
Mais parmi les 57 sur 100 qui sont favorables sur la mesure recueillant le meilleur score, il s'en trouve tout de même au moins 21 pour être mécontents au global (pour passer de 100-57 = 43 "pas pour" à 64 contre...). Soit un gros tiers du premier contingent, ce qui est important.