Ramdams a écrit:Je ne suis pas certain que "le peuple" soit garant de la sincérité, on a hélas trop d'exemples d'irrégularités dans le dépouillement qui conduisent à des annulations d'élections, soit de manière accidentelle, soit de manière intentionnelle dans le cadre de fraudes.
Aujourd'hui, avec la blockchain, on est en capacité d'assurer la sincérité du scrutin. Et d'ailleurs, vu qu'en France on n'a pas encore adopté le bulletin unique, dans le cadre du vote électronique, le scrutin n'est pas altéré par des problèmes logistiques ou de darwinisme financier qui amènent certains candidats à être privés de bulletins le jour du scrutin. Sans parler de la législation soviétique autour de la taille du papier, de son grammage, etc.
Une autre solution pourrait consister à voter électroniquement sur une machine, qui délivrerait en plus un bulletin papier avec le candidat/la liste choisi(e) à glisser dans un conteneur qui ne serait descellé qu'en ultime recours, en cas de problème technique. Mais d'un point de vue écologique, le gâchis de papier serait important (toujours moins important que dans le système actuel cependant).
Les annulations d'élections sont une preuve de l'efficacité de notre processus qui permet de détecter les tentatives de fraude et d'y remédier en recommençant le scrutin. Et d'ailleurs partciper ou assister au dépouillement est une bonne occasion de s'intéresser aux processus démocratiques et en comprendre les mécanismes, contrairement à la "boîte noire magique" du vote électronique.
Remplacer nos bulletins individuels par un gigantesque bulletin unique kafkaïen ou par un système de "blockchain" dévoreur d'énergie ? Je ne suis pas convaincu que l'environnement y gagnerait - je pense même qu'il serait perdant dans les deux cas. Par ailleurs la blockchain ne garantirait pas plus le duo sincérité + confidentialité qu'un autre dispositif de vote électronique.
Enfin sur la notion de "gâchis de papier", le problème des dispositifs de vote électronique est aussi l'énorme pollution et consommation de ressources et d'énergie pour fabriquer les machines et les faire fonctionner. Pour un simple téléphone portable c'est déjà lourd, alors pour une machine à voter, il faudrait un nombre de scrutins incalculable pour rembourser la dette écologique par l'économie de papier. Sans compter que la production de papier, qui est recyclable, génère essentiellement des déchets et polluants assez peu toxiques ou rémanents qui sont finalement "digérés" par la nature (surtout avec les progrès qu'on a fait dans le traitement des eaux de process), tandis que les pollutions liés à l'activité minière et le fabrication des composants électroniques sont particulièrement lourdes de conséquences désastreuses y compris sur le long terme. Je n'insisterai pas sur les conditions de travail des populations qui gagnent péniblement leur pitance dans ces exploitations qui broient et intoxiquent leur personnel.
D'un autre côté, la pollution générée par les dispositifs de vote électronique et les blockchain est essentiellement située dans des pays lointains. Est-ce moins grave pour autant ?
Le seul avantage que je vois au vote électronique est la facilité et la rapidité du dépouillement, mais les défauts sont trop graves pour qu'on puisse l'adopter.
Y a-t-il un fil de discussion dédié aux techniques de scrutins car on s'éloigne un peu du sujet ici ?